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Au premier plan : Alexandra Marcellier et Roberto de Candia © Dominique Jaussein

FALSTAFF À ANTHEA ANTIBES

Comme ce fut le cas pour d’autres ouvrages et notamment dans le cadre des coproductions avec l’Opéra de Nice Falstaff s’est donc installé à Anthéa à Antibes dans son univers contemporain voulu par son metteur en scène Daniel Benoin.
 
C’est toujours un plaisir de revoir un opéra en ce lieu qui semble fait idéalement pour le lyrique tant l’acoustique y est parfaite notamment par l’équilibre idéal entre la fosse et le plateau. La disposition de la salle en gradins permet en outre un confort visuel qu’on ne retrouve pas toujours dans un théâtre à l’italienne. Le public a de surcroit répondu présent ce qui est un sujet de satisfaction pour une œuvre qui n’est pas la plus « populaire » du répertoire de Verdi et qui avait été déjà à l’affiche de l’Opéra de Nice pour 4 représentations.(1)
 
On a à nouveau apprécié la pertinence de la scénographie de Christophe Pitoiset et Daniel Benoin s’attachant à décrire deux univers que tout oppose : celui d’un squat délabré dans un quartier mal famé au pied des tours d’une grande cité et d’autre part une banlieue huppée bordée d’un domaine forestier ou sont édifiés de cossus pavillons pour une population fortunée.
 
La mise en scène, vive, enlevée et sans temps morts de Daniel Benoin s’attache avec précision à mettre en lumière tout ce qui sépare l’ancien biker vieilli et malade - mais néanmoins en veine de séduction - des sémillantes bourgeoises qui, en tendant un piège au « pancione », s’amusent également aux dépens des hommes qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Pas de temps morts entre chaque tableau grâce aux projections de vidéos suggestives signées Paulo Correia. La distribution très homogène de chanteurs-comédiens s’est à nouveau illustrée ce soir là tandis que Sergio Vitale a prêté sa voix au Falstaff de Roberto de Candia atteint d’une rhinite allergique.
Accueil chaleureux du public à l’adresse des artistes, du metteur en scène et du remarquable chef d’orchestre spécialiste de Verdi, Daniele Callegari.
 
(1) Voir sur le même spectacle notre chronique détaillée sur « Falstaff à l’Opéra de Nice » du 31 mars 2023


Christian Jarniat
13 avril 2023
 
Direction musicale Daniele Callegari 
Mise en scène et lumières Daniel Benoin 
Décors Christophe Pitoiset et Daniel Benoin
Costumes Nathalie Bérard-Benoin 
Vidéo Paulo Correia
Street-Artist / Décors OTOM
Sir John Falstaff Roberto de Candia 
Ford Vladimir Stoyanov
Fenton Davide Giusti
Mrs Alice Ford Alexandra Marcellier 
Mrs Quickly Kamelia Kader
Nannetta Rocio Pérez
Meg Page Marina Ogii 
Docteur Caïus Thomas Morris 
Bardolfo Vincent Ordonneau 
Pistola Patrick Bolleire
 
Chœur de l’Opéra de Nice
Orchestre Philharmonique de Nice