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Raymond Duffaut et Marie-Ange Todorovitch - Photos Cedric Delestrade / ACM Studio

Hommage à Raymond Duffaut "Une nuit à l’Opéra d’Avignon"

Rendre hommage à Raymond Duffaut à l’occasion de ses adieux à l’Opéra d’Avignon sous le titre « Une nuit à l’Opéra » vaut bien un concert avec la participation d’une quarantaine d’artistes et d’une durée de 6 heures ! Un gala dans la démesure pour célébrer une carrière de 43 années non moins impressionnante.

La soirée est divisée en trois parties. La première d’environ 1 heure 30 consacrée à l’opérette (laquelle a toujours occupé une place privilégiée dans le théâtre de la cité des Papes) voit se succéder au pupitre de L’Orchestre Régional Avignon Provence pas moins de cinq chefs d’orchestre : Samuel Jean, Alain Guingal, Luciano Acocella, Jean-Yves Ossonce et Dominique Trottein. Offenbach est évidemment à l’honneur avec l’ouverture de « La Vie parisienne » l’air du brésilien dans sa version intégrale (Florian Laconi), l’arrivée des voyageurs (Chœur) les couplets du baron (Marc Barrard avec la charmante complicité de Marie-Christine Vincent) l’époustouflant numéro de music-hall de Marie-AngeTodorovitch dans « La Périchole ». Un trio patriotique de haute volée (Florian Laconi, Nicolas Cavalier et Marc Barrard) pour « La Belle Hélène » et, comme il se doit, l’incontournable cancan par le Ballet de l’Opéra. Mais sont aussi au programme « Les Mousquetaires au couvent « où, en Brissac, brille tout particulièrement Lionel Lhote par la qualité du timbre et l’insolence de son aigu qu’il mettra ensuite au service d’un Figaro électrisant lequel lui vaudra légitimement une ovation du public. Avec Julie Fuchs (avignonnaise de naissance) en Missia il forme un couple de luxe dans « La Veuve Joyeuse ». Nadine et Sophie Duffaut apportent leur contribution à ce spectacle lui donnant le rythme et le brio qui convient efficacement secondées par le duo des maîtres de cérémonie Lionel Peintre et Jean-Claude Calon qui cultivent pour la circonstance l’humour absurde et décalé à la manière de Pierre Dac et Francis Blanche. Grand final de cette première partie avec Cest l’amour  des « Saltimbanques « de Louis Ganne par une partie de cette troupe d’un soir.

Les deux autres parties sont essentiellement consacrés à l’Opéra bien qu’y soient inclus les airs de ténor de « Giuditta » (Thomas Bettinger) et du « Pays du sourire « (Julien Behr) « La Grande Duchesse de Gérolstein » (Michel Trempont) L’affiche est copieuse : Nathalie Manfrino, Nicolas Courjal, Inva Mula, Jean-François Borras, Béatrice Uria-Monzon, Karine Deshayes, Nathalie Dessay et encore tant d’autres avec en particulier Sylvie Brunet -Grupposo splendide Dalila. La présentation est assurée par Alain Duault. Un émouvant final avec Seng-Youn Ko chantant «  My way » tandis que défilent sur un écran des séquences des répétitions du concert . Toute la troupe s’adressant à Raymond Duffaut entonne ensuite la chanson de Bécaud « Et maintenant que vas-tu faire ? » Interminable ovation pour Raymond Duffaut qui ému salue longuement le public auquel il s’adresse en ces termes « … Je suis fier d’avoir conservé dans cette maison un orchestre, un chœur et, un ballet permanents et une formidable équipe technique. Puisse ce cœur de vie d’une maison d’opéra continuer à battre aussi fortement, aussi passionnément. Un immense merci du fond du cœur pour tous les bonheurs que vous m’avez donnés pendant 43 ans » 

Christian Jarniat
16 Juin 2017

Retrouver l'entretien de Raymond Duffaut avec Christian Jarniat dans notre rubrique "Interviews"