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RENCONTRE AVEC BERTRAND ROSSI - Directeur de l'Opéra de Nice



Entretien avec Bertrand Rossi, nouveau Directeur de l’Opéra de Nice , ses maitres mots :
Ouverture-Nouveauté-Co-production-Audace   !!!

Quelles sont vos premières impressions en arrivant à l’Opéra de Nice ?
 
Je prends la mesure du travail à accomplir, du chemin à parcourir. Mon impression première est que le potentiel de cette Maison est énorme. L’envie est là, chez tout le monde, de partager un projet artistique et de hisser la maison à un niveau européen. Il faut remettre quelque peu la machine en route, instaurer des réflexes de communication, de partage, de travail. Le chemin existe, de ce qui peut être accompli. Il est essentiel d’avancer ensemble, d’un même pas, de faire connaissance. Mon projet artistique est ambitieux. Pour arriver à le mettre en place, j’ai besoin de la participation et de la complicité de tous. C’est une grande aventure commune.
 
Quels sont les grands axes de votre programmation ?

- Une programmation lyrique par cycles
- Une ouverture sur les autres formes d’arts
- Un élargissement et une diversification des publics
- Une ouverture sur la Ville, son activité touristique, estivalière, son patrimoine historique et architectural, ses habitants…
- Un rayonnement national, européen et international
- Une ouverture sur la Méditerranée
- Une diffusion de nos productions via des captations
 
La rénovation des installations intérieures du théâtre est-elle à l’ordre du jour ?

Ce serait mon souhait de rénover ce théâtre en modernisant la cage de scène ce qui permettrait de réaliser des coproductions avec des maisons plus importantes qui bénéficient d’une infrastructure moderne. J’aimerais aussi que cette belle salle qui fait partie du patrimoine niçois, puisse être climatisée et rénovée pour accueillir notre public dans de meilleures conditions avec plus de confort.
 
Comment éviter à l’avenir les doublons de programmation avec les théâtres voisins ? 
En instaurant un dialogue en amont avec les programmateurs voisins.
 
Comment refaire de l’Opéra de Nice une place forte de l’art lyrique en France ?
Opéra de Nice Côte d’Azur / Ouverture-Nouveauté-Co-production-Audace
Ma programmation sera audacieuse sans être provocatrice. J’ai à cœur d’ouvrir l’horizon sans heurter, accueillir des équipes de production qui partagent une même vision, considèrent l’art lyrique comme un art en mouvement, voire en mutation, et travaillent à regarder notre société par le prisme de l’art.
Il faut donner l’inspiration, susciter un engouement, partager un élan, créer des liens entre les arts, bâtir des ponts avec et entre les publics, sans rompre avec la tradition et l’histoire.
Les voix sont certes hyper importantes, mais ne suffisent plus à faire la renommée d’un théâtre. Plus que jamais, l’art lyrique doit être considéré comme un art total qui parle à chaque cellule de notre corps. Toutes les vibrations potentielles de cet art doivent être suivies et ceci passe de façon prédominante aujourd’hui par la mise en scène, ce à quoi je suis très attaché, toujours en veille. Je suis un observateur de cette évolution du genre.
L’Opéra de Nice doit redevenir le lieu où les productions créées entrent dans l’histoire.
 
 
Quel avenir pour le symphonique et le ballet ?
Concernant l’Orchestre, nous avons l’ambition nouvelle avec le Maire de Nice et la Direction de la Culture d’obtenir un label national. Notre Orchestre symphonique est en effet l’une des formations musicales les plus méritoires et aurait dû, depuis de longues années déjà, obtenir ce label national. Je mettrai toute mon énergie pour obtenir ce gage de reconnaissance et de prise de sérieux de la Maison.

Concernant le Ballet, je travaille en étroite collaboration avec Eric Vu-An et le Ballet Nice Méditerranée a déjà une belle notoriété au plan local et national. 
Nous travaillons pour de très beaux projets communs entre la saison lyrique et la saison chorégraphique. Et plus largement, je souhaite aussi créer une alliance artistique entre le Lyrique, le Chœur et le Ballet pour réaliser des spectacles en commun.
 
Pourquoi ne joue-t-on quasiment plus Richard Wagner à l’Opéra de Nice ?
Je prends mes fonctions et ne peux parler au nom de mes prédécesseurs.
Personnellement, j’ai un lien très fort avec la musique de Richard Wagner qui a formé ma culture musicale et que j’apprécie énormément. Richard Wagner n’a peut-être pas été largement programmé pour des raisons budgétaires car le coût du plateau pour ces œuvres est très élevé.
Mais je peux d’ores et déjà vous dire que je réserve une surprise au public dès la saison prochaine.
 
Quelle sera votre position vis-à-vis des associations impliquées dans la vie du théâtre ?
Je les rencontre, je dialogue, et je compte travailler avec chacune d’entre elles.
 
Quelles seront les démarches vis-à-vis du jeune public ?
C’est un pôle à développer. Je vais programmer des spectacles destinés exclusivement au jeune public, développer le travail avec les écoles, les collèges et lycées, l’université. Développer des parcours pédagogiques pour le jeune public et le public jeune, des outils pédagogiques, des rencontres, des formations.
 
Combien de levers de rideaux annuels ?
Mon objectif est bien entendu d’augmenter le nombre de levers de rideaux à court voire moyen terme.  Mais il faut d’abord amorcer le travail sur l’augmentation et la diversification des publics. 
 
Comment s’inscrire dans la durée dans la direction d’un théâtre comme Nice ?
Tout dépend de ce que vous appelez la durée…Les résultats d’une nouvelle politique artistique ne sont pas visibles en un jour.
Les directeurs ayant marqué l’histoire de l‘Opéra de Nice y ont imprimé une marque forte par une politique faite de passion et de conviction profonde, de ténacité, de persévérance et de volonté affirmée.

Yves Courmes
Propos recueillis pour l'Avenir Cote d'Azur
Vendredi 28 février 2020